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Les voyages du Mayero

T comme Travail à Trizonia

Voyage 2003

Mots-clés : portrait, Corinthe (golfe de), Trizonia

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Cheveux mi-longs et barbe fournie poivre et sel, le visage brûlé par le soleil, plutôt mince, Christo interpelle, appelle, répond, invite à sa table mais oublie très vite son interlocuteur… Quand il n’est pas au village, il est à son domicile à 50 mètres , une petite maison qui domine le port. Protégé et caché par le feuillage des arbres, dont la fonction première est de procurer un ombrage durant les moments les plus chauds de l’été, attablé à sa terrasse, Christo, surveille les allées et venues sur les quais. Le verre d’ouzo , les cigarettes sont à portée de main. Le portable est relié par son cordon ombilical à sa base; il continue de servir, de façon plus sporadique il est vrai, car c’est l’heure de la sieste.

Chargé du suivi des travaux d’une maison «m’as-tu-vu» sur les hauteurs qu’un allemand se fait construire au noir par une équipe de polonais et d’albanais, Christo joue la mouche du coche. Il appelle pour un oui ou pour un non les gars du chantier, de façon incessante parfois. Il s’étonne alors qu’on ne lui réponde pas: il rouspète et se reprend vite devant l’énormité improbable de ce lèse -majesté qui l’obligerait à gravir les 200 mètres qui le séparent des ouvriers:. Avec fatalisme il annonce que leur téléphone doit être déchargé, il ré-essaira plus tard… Il se déplace en effet rarement, il “supervise dit-il“… terme relativement impropre au regard de la situation!

Récemment, un anglais lui a réparé son véhicule électrique qui depuis longtemps était en panne. Maintenant que son jouet remarche il s’aventure à plusieurs dizaines de mètres de son domicile pour aller saluer les équipages des bateaux dont il a la garde l’hiver. Il n’est pas possible de faire plus, l’engin dont les batteries sont en bout de course refusant obstinément de grimper les côtes. Un de ses revenus principaux provient de cette activité assez lucrative et assez reposante qui consiste à veiller les voiliers amarrés au quai. Il démarre parfois (?) les moteurs et lave le bateau la veille de l’arrivée de l’équipage.

En ce qui nous concerne il a oublié de mettre la garde qui devait éloigner le Mayero du quai et la coque a été bien abîmée par le ragage dû aux tempêtes d’hiver. Il n’aurait servi à rien de se mettre en colère. Christo, averti du fait, a joué l’étonné, tout en restant très zen. Sans se sentir responsable le moins du monde de ce qui était arrivé, il nous a quand même très vite mis en communication avec le bon fournisseur de pêinture et il a indiqué le bon produit. Il a par ailleurs d’autres qualités: en général, il accueille bien, il prête l’ombre de ses arbres, fournit l’eau gracieusement ce qui en Grèce, est un bien précieux.

Chantal et Jean-Marie

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