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Les voyages du Mayero

S comme Seau

Voyage 2003

Mots-clés : capitaine, seau, vie à bord

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Le capitaine eut un jour un geste assez malheureux. Alors qu’il lavait à grande eau la chaîne de l’ancre et l’ancre, au départ d’un mouillage aux fonds vaseux, il lâcha le bout du seau. Il faut avoir vécu ce moment intense pour comprendre ce que ressent le fautif à ce moment-là. Bien sûr il aurait été possible de sauter rapidement pour le saisir. Mais le temps de prendre en compte tous les paramètres: il est trop tard. Et le seau, rempli à ras bord, s’enfonça inexorablement dans les profondeurs abyssales et sombres ,en se dandinant tranquillement, comme pour narguer une dernière fois le maladroit. Parfois, dans des eaux claires et peu profondes il est possible de plonger pour récupérer l’objet fugueur. Mais bien évidemment , il n’en était pas question ce jour-là. Et le capitaine honteux et confus fut bien obligé d’avouer son forfait à l’équipage. Il dût subir alors plusieurs jours les railleries et quolibets et n’eut de cesse de trouver un marchand pour remplacer cette belle antiquité qui avait déjà participé aux pérégrinations de ses propriétaires sur le bateau précédent. La tâche ne fut pas aisée , car il ne s’agissait pas d’un vulgaire seau. Cet objet se doit d’être solide et souple, avec une anse bien accrochée et une dragonne assez longue. La matière doit être imputrescible. En effet un seau est soumis à rude épreuve: tirer de l’eau alors que le bateau est en marche, faire la vaisselle et le lavage, laver le poisson, le bateau, faire pipi dans le mauvais temps. Etc…. Pour remplir ce cahier des charges exigeant, le capitaine dut en racheter deux.

Jean-Marie

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