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Les voyages du Mayero

Plaisirs de mouillage

Voyage 2013

Mots-clés : mouillage, Paros

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Cette baie de Naoussa , dans le nord de Paros, est formidable: quelque soit la force et le sens du vent il y a toujours un endroit où poser sa pioche. Et en plus merveille des merveilles, l’eau est plus chaude qu’ailleurs, les bains autour du Mayero, s’ils restent vivifiants ne sont plus trop frisquets Nous aurions bien aimé rejoindre Jacques sur son Trisbal, coincé depuis plusieurs jours dans le petit port, moteur démonté et en attente de pièces. Mais aucune place ne se libère. Qu’à cela ne tienne, nous pourrons le revoir depuis le prochain port distant de 12 milles, il fera le déplacement par voie de terre… A condition que nous puissions trouver une une pendille dans Parokia . Hé non, ce ne sera pas possible : les bateaux de location ont envahis le pré et vu le vent du nord qui les empêche de rejoindre Mikonos, ils ne sont pas prêts de quitter l’endroit. Pas très grave, nous allons dans la baie à l’abri du vent, à environ ½ mille du village. Il y a là Gad’jo et quelques voiliers nous rejoignent le lendemain. Eole donne de la voix et les orages se succèdent : nous sommes bien calfeutrés dans notre bateau, d’autant que les fuites étanchées avant notre départ ne sont plus qu’un mauvais souvenir (nous croisons les doigts!). La houle nous berce régulièrement, sans trop d’à coups et la pluie parfois s’arrête suffisamment pour que le capitaine aille tremper son corps d’athlète dans les eaux profondes !!! La brise , sans être trop forte, maintient une température idéale dans le carré. Gad’jo s’en va vers d’autres horizons, chacun son rythme. Nous vaquons à nos occupations.

Le temps des réparations
La liste s’est à nouveau allongée, il faut réagir. Aujourd’hui nous nous attelons à l’étanchéité de la trappe du réservoir de fuel qui nous a causé des soucis lors de nos traversées ventées. Pour éviter que nos fruits et légumes soient à nouveau en-saucés au diesel , nous prenons le problème à bras le corps. A genoux, tordu comme une vieille branche d’olivier, aveuglé pour avoir trop scruter, je ne sens plus mes bras à force de les avoir tenu en tension dans des positions acrobatiques. Ma dernière intervention pour cette trappe date de 23 ans… Pas moins de 18 petites vis à extraire, cela calme ou énerve, c’est selon. Pas très facile pour les 16 premières, mais j’ai gardé bêtement les deux plus vicieuses pour la fin. Je peste, je jure, j’ahane, je sue, je change d’outils, je me cogne, je me râpe, mais je persévère … Chantal m’encourage, me tend les bons outils, heureusement, et par un ancien orifice de chauffage m’éclaire au mieux. Après moult efforts, le diable aidant sans doute, j’arrive à mes fins. « Fins », c’est vite dit, il reste encore le nettoyage très délicat pour ôter toute trace de l’ancien joint sans en faire  « trop » tomber dans le réservoir. Un bon coup d’acétone pour me shouter et le tour est presque joué. Reste alors la crème du bricoleur-né, la pose de la pâte noire adhésive , celle qu’il est difficile à étaler avec le pistolet dans un endroit pareil, celle qui cache les trous de vis à n’en plus finir, qui colle donc partout et même sur les outils, les chiffons, les bras, le coude, le dos, le short… Mais la dernière vis est posée et je pense en avoir terminé. « Stop… Stop.. » Chantal me bloque là « bouge plus, dit-elle, même plus un petit doigt ». Telle une momie figée pour l’éternité, le regard intelligemment fixé dans le vide, je subis l’intervention nettoyage qui s’impose. Une « éternité », le mot n’est pas exagéré pour un capitaine dont la seule pensée du moment, après plus de deux heures de torture, est d’aller prendre un bon bain autour du Mayero. Il faudra encore passer tous les outils à l’acétone et les ranger avant de pouvoir profiter de ce moment de bonheur : hé bien mes aieux, j’ai rarement apprécié autant mon barbotage dans ma piscine grand large. (Pour mémoire, nos amis du Troll avaient vécu la même aventure avec ce produit et je pensais alors que notre Thierry national exagérait un peu… Malheureusement non…)

L’expédition en annexe
Il y a du vent dans la baie, et cela a levé des vagues et quelques moutons. Il pleut. Nous avons attendu en vain qu’une place se libère au port. Mais mes jumelles ne révèlent aucun mouvement. Cela fait plusieurs jours que nous vivons sur nos réserves et nous pourrions étaler encore longtemps sans ravitaillement. Mais là, nous avons croqué la dernière tomate et comble de malheur, nous n’avons plus de féta, les bases de notre alimentation. Trop tard pour les regrets et les reproches, nous devons prendre le taureau par les cornes et traverser la baie en annexe pour retrouver notre joie de vivre. Sachant qu’à notre dernière sortie notre moteur , âgé de 18 ans , a toussoté à plusieurs reprises, je fais une tentative à l’aviron pour rejoindre un voilier voisin dont je salue l’équipage et auquel j’annonce , à tout hasard, notre future équipée sauvage. L’expérience est concluante : c’est jouable, mais la distance parcourue n’a rien à voir avec celle que je devrais effectuer au retour si nous rencontrons quelques problèmes avec l’engin. Le plein de carburant est fait. Capelés légers et équipés rendo, nous profitons d’une accalmie pour partir fièrement à la conquête du graal culinaire. Nous visons une plage , située un peu au travers du vent, en vue de faciliter le retour. L’aller ne pose pas de problème particulier. Hé bien mes amis notre razzia en ville a dépassé nos espérances : les autochtones animent un joli marché de légumes bien achalandé et nous ne nous sommes pas contentés de tomates, je peux vous l’affirmer ! Plus loin un grande boutique nommée pompeusement « supermarket » nous a livré tous ses secrets. Et que dire de la boulangère trop occupée à son téléphone pour comprendre que nous lui dévalisions son pain complet ??? Chargés comme des mulets grecs, nous revenons péniblement à notre barcasse tout en redoutant le pire… Hélas le vent a suffisamment tourné et forci pour se situer pile poil à l’opposé de notre retour. Allez haut les cœurs, rien n’arrête les normands. Nous passons à l’aviron la barrière due au ressac et je mets en marche tôtôche, qui semble d’accord. Pas pour longtemps, car il cale après quelques tours d’hélice. Et bien sûr pendant que je m’escrime à le refaire démarrer, Eole nous repousse vers la plage. Juste à temps machin repart mais je suis obligé de maintenir le régime assez élevé. Le temps de manœuvrer le bateau pour le remettre face au vent et nous avions embarqué pas mal d’eau, ensuite en maintenant la vitesse assez vive, les embruns nous arrosent copieusement. Chantal est trempée de la tête aux pieds. Plutôt « chat », elle n’apprécie pas ce genre de situation. De fait elle ne rit pas du tout et si elle ne dit rien , je sens bien qu’elle ne consent pas… Notre bidule à quatre temps acceptera de nous emmener jusqu’au Mayero à la seule condition de maintenir le starter en partie sur la position ouverte. Bon d’accord, cette année je ne me suis pas encore attelé au nettoyage complet du carburateur et visiblement dugommier la belle hélice n’a pas trop apprécié. Mais bon sang, tout allait bien jusqu’ici et nous avions même changé sa turbine de pompe de refroidissement. Il est quand même exigeant le petit bonhomme. Pour conclure, nous avons appris que nos voisins nous avez suivi à la jumelle et qu’il seraient intervenus en cas de problème. Sympas, non !!!

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