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Les voyages du Mayero

Navigation de conserve...

Voyage 2018

Mots-clés : Cyclades, Syros, Ermoupoli, Leros, petali, Kilada

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Les ratés de début de croisière.

Après plusieurs mois de vie à terre, il est parfois un peu compliqué de se remettre dans le « bain » de la navigation à voile. Si je ne souffre pas trop du mal de mer , par contre j'ai tendance à oublier les petits principes qui font la différence entre le marin et le terrien. Je suis toujours époustouflé par l'inconscience des équipages qui louent des bateaux pour une semaine et qui sans transition, forcent le destin et cela sans trop de conséquences graves. Il suffit, une fois de croiser une immense flottille de plusieurs dizaines de voiliers de location, lâchés pour leur première sortie avec un vent maniable, pour comprendre certains des risques encourus , notamment pour le voilier qui vient à l'inverse : dans l'euphorie du moment, toutes les règles de priorité sont oubliées dans le meilleur des cas. Mais en général, la plupart ignore qu'un autre voilier peut arriver dans l'autre sens… Il faut alors tenir d'une main la corne de brume et de l'autre la barre pour éviter l'abordage. Ces bienheureux arrivent à s'en sortir presque toujours par je ne sais quel miracle : même si parfois ce fut très chaud, nous n'avons eu dans ce genre de rencontres qu'à déplorer la perte d'une ou deux lignes de traîne…
Mais revenons à nos moutons et à nos ratés mémorables qui ont marqué nos débuts de croisière, à nous.. Et pour commencer ceux de cette année où nous avons fait assez fort : oubli du contrôle des vannes en temps utile avec à la clef un report possible de la mise à l'eau (cf le précédent billet) ; mauvaise vérification du bouchon de l'annexe (j'ai regardé du mauvais côté!), si bien que le lendemain notre beau dinghy était rempli d'eau de mer ; non fonctionnement de la VHF du bord car je n'avais pas rebranché l'antenne après l'hivernage (excusez moi, les copains, votre téléphone doit très bien marcher…). Et que dire de tous ces bouts qui cassent et ces sandows inopérants qui n'ont pas aimé leur inactivité et que nous n'avons pas changés en temps , avec pour conséquence par exemple, des transbordements depuis l'annexe assez périlleux, occasionnant même quelques grands écarts et rétablissements limites…
Je dirais quand même que l'année 2018, de ce point de vue, ne fut pas le meilleur cru.
Bien sûr , je ne peux citer toutes les aventures qui ont émaillé les premiers jours de navigation mais certaines d'entr'elles valent à elles seules toutes les autres.

Kilada, avril 2009

Il y a quelques années , alors que le Mayero venait d'être mis à l'eau , nous avons décidé de faire quelques courses pour compléter l'avitaillement. Une fois à terre, immanquablement je m'aperçois que j'avais oublié un truc important. Ni une ni deux, je saute dans l'annexe et je rejoins dare-dare notre fin voilier pour récupérer l'objet manquant. Chantal attend sur le quai, je veux donc faire fissa. On ne peut pas dire le contraire j'ai fait fissa : arrivé sur l'arrière du Mayero je saute, tel un cabri sur la plateforme , je plonge dans la cabine pour récupérer le machin indispensable et hop en sortant… surprise… Zut et flûte (j'en passe et des meilleures!) l'annexe n'est plus là. J'avais tout simplement oublié dans ma précipitation de l'amarrer . Qu'à cela ne tienne, je suis un homme d'action et , ni une ni deux, je plonge vite fait à l'eau pour récupérer l'engin qui s'éloigne. C'est en sautant que je m'en suis rendu compte, car il m'arrive quand même d'avoir des lueurs, j'avais ma sacoche à l'épaule et surtout dans la sacoche il y avait les papiers d'identité , les papiers du bateau, les billets de banque, le téléphone, l'appareil photo. Bravo le capitaine, me dis je… Mais il était trop tard et je choisis d'abord de nager pour ramener l'annexe auprès du Mayero, de l'amarrer bien fort avant de faire l'état des dégâts dans mon sac . A dire vrai ce n'était pas brillant et malgré tous mes efforts je n'ai pu récupérer ni le téléphone ni l'appareil photo. Les documents et les billets ont séché sur un grand fil avec les épingles à linge à l'intérieur du bateau et certains gardent encore la trace de leur immersion. Pour les vêtements ce fut quand même plus facile… (*)(*) Depuis j'utilise des sacs étanches, un appareil photo et un téléphone supportant l'immersion…)

Pétali, septembre 2010

Arrivés dans notre mouillage d'été en quelques étapes tranquilles quasiment sans vent, nous nous réfugions dans les iles Pétali au sud d'Eubée en raison d'un coup de vent de sud annoncé. Coin idyllique , où il est difficile de se rendre compte de ce qui se passe à l'extérieur. Considérant que le temps a l'air de s'être calmé, nous prenons la décision de mettre les voiles. Juste en sortant de la passe , un bon six nous surprend et il faut prendre un ris. Je me précipite pour effectuer la manoeuvre pendant que Chantal est à la barre. Première manoeuvre d'automne et tout n'est pas complètement au point: un oubli de ma part et un coup de barre à tribord un peu trop prononcé et je prends la bôme sur l'arcade sourcillière. Conséquence: un bel oeil au beurre noir pendant quelques jours qui me permettra de me plaindre auprès des équipages amis de la violence conjugale dont je suis régulièrement la victime. Bizarre quand même , j'ai eu beau faire , personne ne m'a cru. Moralité: prendre un ris au mouillage avant de partir en cas de doute quitte à le libérer une fois en mer.

Léros, 2013 T°de l'eau 12°

Autre épisode où le capitaine ne fut pas à son avantage , mais qui permit à Chantal de se prendre un fou rire mémorable. Mayero avait hiverné dans la marina et il était un peu cra-cra. Nous venions de l'amarrer sur un catway alongside pour faciliter le travail. Chantal à l'intérieur mettait de l'ordre et moi pour commencer je me suis mis à nettoyer les oeuvres mortes (partie de la coque emmergée) à l'aide d'une grosse éponge et du savon. Pour me faciliter la tâche, j'avais libéré un peu les amarres pour avoir un peu plus de place pour manoeuvrer.Le boulot avançait bien, il me restait la partie avant, justement celle qui se trouve la plus éloignée du quai. Les pieds bien campés sur le plancher, une main pour me retenir à la filière et l'autre pour lessiver. Pris par le job, je ne me suis pas rendu compte que je poussais de plus en plus l'étrave et que le Mayero s'écartait de plus en plus. Evidemment, quand je me suis rendu compte que j'étais quasiment à l'horizontale, il était trop tard et malgré mes déhanchements pour me redresser, la loi de la pesanteur fut la plus forte et plouf, je suis tombé à l'eau... J'ai essayé vainement de remonter sur la terre ferme mais avec les vêtements mouillés je
n'ai pas réussi; j'ai appelé alors Chantal , mais sans succès. Il m'a fallu frapper sur le bateau de façon répétée pour que ma compagne de toujours daigne faire une apparition sur le pont . Cherchant l'origine du tintamarre, elle me découvre enfin surnageant entre le Mayero et le catway, empêtré dans les écoutes... Plutôt que de me secourir comme tout un chacun l'aurait fait à sa place , elle part dans un fou rire interminable dont elle a le secret... Et il m'a fallu attendre un bon moment , à me les geler un maximum avant que madame retrouve ses moyens pour intervenr. Moralité: un bateau se déplace facilement sur son élément liquide!!!

C'est pourquoi quand nous démarrons une croisière, nous prenons notre temps: quelques jours au mouillage permettent de s'amariner progressivement et de faire le tour de tout ce qui pourrait poser problème. Les allées et venues à terre en annexe, les essais de voiles, les mouvements du bateau, nous font renouer avec ce genre de vie si différent de celui des terriens. Et les premières sorties doivent être progressives et agréables. Pour tenir compte de l'équipage, il faut parfois allonger le temps d'adaptation, mais c'est un bon investissement et je sais qu'en ce qui nous concerne, il est payant: la preuve, Chantal vient toujours compléter l'équipage. Et comme disait Moitessier, il faut toujours partir par beau temps établi et il faut compter 15jours de navigation continue à bord pour être aussi à l'aise sur son bateau qu'à terre...

8 commentaires

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Rédigé par Ouranos le 18 novembre 2018

Une bonne piqûre de rappel. Nous serons à Poros le 14 juin jusqu'au 22 juillet. A bientôt sur l'eau H
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Rédigé par manou le 18 novembre 2018

Salut le paternel, Belle humilité de partager ces situations cocasses qui n'étaient pas à ton avantage, mais qui permettent d'en rire avec toi et d'en tirer des leçons pour ne pas devenir à notre tour les dindons de la farce ;-)
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Rédigé par BERTHOD Emile le 18 novembre 2018

Dans mon lit de la clinique de réėducation, je passe toujours de bons moments à lire les aventures du Mayero et de son équipage. Merci.
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Rédigé par Jylera le 18 novembre 2018

Si votre VHF n'était pas opérationnelle, la nôtre non plus après que l'antenne en tête de mât ait passé l'hiver à pendouiller au bout de son fil en cours jus. Autant dire que nos appels ne sont pas passés. Et non plus avec la Vhf portable, ni avec Mayero qu'avec Belle-lurette ! Bons vents, surtout dans les voiles.
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Rédigé par Thomassin le 18 novembre 2018

Ah oui, ça ne pardonne pas les étourderies la navigation ! Tes aventures rigolotes, après coup, me persuadent d'une chose: je reste à terre ! Mais on envie quand même les bons moments que vous passez sur le Mayéro et quelle beauté tous ces sites! Nous partons en Lozère la semaine prochaine, les paysages y sont aussi magnifiques dans un autre genre... Bises à l'équipage. Elisabeth
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Rédigé par Gérald le 18 novembre 2018

Quel plaisir de te lire et quel sacré narrateur tu es. Toujours prêt à faire le pitre pour faire rire Chantal ! Heureusement tu nages bien ! Nises à vous ! Gérald
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Rédigé par lechartier jean le 18 novembre 2018

Et ben mon pote ça en fait des misères. Et Chantal elle dit quoi quand tu perds l'appareil et le téléphone et tout et tout.... Allez vieux frère mais n'en fait pas trop quand même
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Rédigé par Nico BD le 18 novembre 2018

Mais, mais... Je n'étais pas au courant de tout ça ! Supers partages dans tous les cas... autant sur la forme que le fond ;-) !
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