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Les voyages du Mayero

Les zozos

Voyage 2000

Mots-clés : annexe, mouillage, Grèce

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Je me souviens d’un ami français avec lequel je naviguais il y a une trentaine d’années dans les Anglo-Normandes. Nous admirions souvent ces belles annexes anglaises qui débarquaient des équipages impeccables et secs à l’arrivée… Un beau jour, à Guernesey, alors que je l’avais rencontré dans un pub, il fut tout fier, en revenant à notre mouillage, de me montrer sa nouvelle acquisition , en l’occurrence un bateau plastique gonfable (de marque Sévylor pour ceux à qui cela dirait quelque chose). Ah bien sûr, il ne pouvait tenir la comparaison avec les formidables dinghys anglais, mais quand même ce n’était plus l’engin de plage approximatif qu’il avait à bord jusque là.

Je me penchais donc et du haut du quai je découvrais quelques mètres plus bas une belle embarcation toute neuve, d’un bleu et jaune tout à fait remarquables.

C’était vraiment la plus belle annexe française que j’avais vue depuis longtemps. Nous avons fêté l’évènement en allumant une petite clope et malencontreusement mon joyeux camarade, sans doute emporté par son enthousiasme, jeta son mégot au fond de son canot de rêve. Le petit «pfuitt» qui attira notre attention et la triste figure que fit alors ce marin dépité, resteront à jamais gravés dans ma mémoire.

De ce jour j’avais décidé qu’une annexe digne de ce nom serait forcément anglaise et quand j’ai eu quelques sous, ce qui arrive toujours dans sa vie, j’ai pu enfin réalisé ce voeu sous la forme d’une belle «Avon» presque neuve et Dieu, s’il existe, m’est témoin que je ne regrette rien. Aux cinq ans d’âge qu’elle avait alors, il faut y rajouter au moins quinze saisons et la vieille demoiselle, malgré quelques rides se porte toujours bien: les mégots , les chocs, le soleil n’ont pas encore eu raison d’elle.

Mais pour compléter la belle image du dinghy anglais, il fallait y adjoindre un moteur. Dans la logique de mon admiration sans faille pour les voileux d’outremanche, j’ai choisi le «best motor in the world» autrement dit le «Seagull»: une belle machine aluminium et noire , conçue dans les années quarante pour débarquer les troupes en Normandie, qui consommait presque autant d’huile que d’essence et qui de ce fait protégeait notre intimité en nous enveloppant dans un nuage noir à chaque fois que je le mettais en route; il était réputé pour sa robustesse et surtout pour être réparable facilement même par un néophyte: heureusement car nous passions plus de temps à l’entretenir qu’à le faire marcher.

Mais c’était surtout une machine facétieuse qui avait une fâcheuse tendance à me lâcher quand j’en avais vraiment besoin : combien d’objets tombés du bord et partis à la dérive ai-je dû laisser partir définitivement au loin les jours de pétole (notamment mon bonnet fétiche auquel je tenais depuis toujours), combien de mouillages sont restés inaccessibles, parce que ce foutu b…. de c… refusait obstinément de se laisser amadouer. A la suite de quoi, revenu de mes premiers amours, j’ai essayé un moteur scandinave, puis un américain , des grandes marques, des sous marques et , malgré les promesses des vendeurs, leur «fiabilité légendaire» m’a malheureusement toujours fait défaut…

Depuis trois saisons, nous avons un petit quatre temps japonais et il ne se lasse pas de nous ravir en démarrant à chaque fois que l’équipage le sollicite. Il nous mène gaillardement là où nous désirons nous rendre, quand toutefois nous n’oublions pas de mettre de l’essence…

Et maintenant, goguenards, nous regardons nombre de marins qui inlassablement tirent sur leur poignée de démarrage en vain et qui apprennent à admirer ceux qui n’ont plus ce problème (mais moins de muscle…)

Ceci dit, touchons du bois, on ne sait jamais…

Jean-Marie

Nicolas assis dans l'annexe

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