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Les voyages du Mayero

Force 7 avec fortes rafales

Voyage 2004

Mots-clés : pare-battage, coup de vent

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Force 7 avec fortes rafales; les marins à la veilleIl fait rentrer dans la baie un mauvais clapot. Des voiliers amarrés cul à quai et ancrés par l’avant commencent à déraper. Notre ancre principale ne s’accroche que très moyennement sur fonds de posidonies, et c’est le cas ce jour. Nous décidons donc d’en mouiller une seconde avec l’annexe. Nous aidons notre voisin à faire de même. Pas facile. Les rafales deviennent plus fortes et les vagues, si elles ne sont pas dangereuses trempent copieusement le capitaine et la matelote sur leur dinghy. Durant tout ce temps, la baie s’est animée: elle est maintenant en pleine effervescence. Beaucoup de bateaux partis quelques temps plus tôt , surpris par la montée brutale des rafales au dehors, reviennent. D’autres arrivent pour s’abriter. Ça tourne, ça sature, ça dérape, ça réancre, ça cafouille, ça surpatte sur le voisin, voire sur deux ou trois. Malgré le surbookage à quai, plein de petits malins tentent leur chance n’y parviennent que rarement, sauf au prix de quelques chocs et frottements. Alors ça gueule, ça se traite de tous les noms d’oiseaux et ceci dans toutes les langues. Chacun étant sûr de son bon droit, évidemment. Un gros voilier grec tente le passage en force à côté de nous: plus de quatre mètres de maitre bau dans un espace de moins de deux mètres de large, c’est pas facile! Un gros français propriétaire du bateau voisin, déjà bien éméché, descend quatre à quatre de la terrasse du café où il sirotait son ouzo . Soufflant et vitupérant , il traite le grec de “suppositoire”(en français dans le texte). “Go home”, “Go out” , lui crie t-il , entre autres, et dans un anglais approximatif mais très imagé, il lui fait connaitre son point de vue sur la situation. De guerre lasse,le grec repart, mais nous n’osons traduire(*) les propos peu amènes des membres féminins de cet équipage qui, au passage, nous invectivent vivement. Pourtant nous sommes restés zen et courtois tout au long de cet incident . Ce qui n’a pas du plaire, c’est notre passivité tout au long de la manœuvre. En effet, nous nous sommes refusés a intervenir pour aider en quoi ce que soit l’intrus dont nous considérions l’initiative inutile et vouée à l’échec. Le spectacle continue et dure jusqu’à la nuit. Le ballet des bateaux qui n’arrivent pas à s’ancrer, est ininterrompu et de nouveaux danseurs qui arrivent du large nourrissent la chorégraphie. Le capitaine du Mayéro est inquiet: il est peu sûr du mouillage de son voisin, et certains pas de danse sont effectués trop près de son bateau. Il est assis à la proue et ne goute pas toute la qualité du spectacle!

Chantal et Jean-Marie

(*) D’ailleurs nous n’avons rien compris aux paroles mais l’air y était

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