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Les voyages du Mayero

Syros hors la ville.

Voyage 2015

Mots-clés : Syros

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Dans la partie sud, dans les nombreuses vallées, à l’abri des canisses, sortes de grandes haies de roseaux ou bambous , les parcelles sont toutes mises en valeur : céréales, légumes de plein champ et surtout une multitude de serres visiblement fabriquées sur place. Chaque exploitant dispose d’une grande réserve d’eau qu’il protège de l’évaporation en la recouvrant de grandes tiges de roseau ou , plus étonnant, en cultivant sur la surface des nénuphars. Partout un système complexe de tuyaux permet l’arrosage ou l’irrigation. Pas de laisser aller, tout est entretenu et fonctionnel. Sur les hauteurs les murets délimitent de grands espaces de pacage. Contrairement à ce que déclarait les visiteurs du XIXème siècle, il y a de l’eau sur l’île.
Dans le nord plus accidenté, les espaces cultivés sont plus rares. Mais il faut avoir vu certaines exploitations s’étageant autour d’une belle maison d’habitation et le soin avec lequel sont entretenus les différents lopins pour comprendre la ténacité des habitants de Syros : vignes, arbres fruitiers, oliviers, champs de pommes de terre et d’orge blond, jardin paradisiaque forment une mosaïque colorée et magnifique. Les hameaux situés auprès des sources sont tous habités et vivants. En toile de fond de ces oasis le paysage est rude et aride : battu par le meltem et brûlé par le soleil, le sol est le royaume de la garrigue et la plupart des terrains encore entourés de leurs murets de pierre sèche sont dédiés aux caprins. Nos randonnées dans les chemins sommairement empierrés nous ont laissé de belles égratignures sur les mollets : le thym, les buissons épineux, les chardons , les genêts ont beau dispenser des parfums incroyables, ils savent se défendre des animaux végétariens et nous l’avons senti passé. Et pourtant cette végétation de « phrygana » (garrigue) n’a pas toujours été la règle. Il faut se représenter Syros à l’âge de bronze. Elle était boisée comme la plupart des autres îles de la mer Égée. Nous nous rendons sur un site archéologique à Kastri dans le nord-est, sans doute aujourd’hui la partie la plus pauvre. Nous nous lançons depuis quelques habitations assez tristes, occupées par des anciens. L’eau est rare. Mises à part quelques vignes, le reste est dévolu à l’élevage très extensif . Le chemin pour atteindre ce village fortifié qui date de 3000 ans avant J.-C. est ardu. Nous comprenons le choix de l’implantation: une petite baie bien protégée avec une belle plage de sable pour tirer les bateaux, un plateau relativement uniforme a permis à cette civilisation de se développer sur plusieurs siècles. Des cimetières regroupant des centaines de tombes ont été découvertes en ces lieux. Les objets mis à jour et présentés au musée d’Ermoupoli montrent à quel point cette citadelle était au centre d’échanges importants. Et pourtant aujourd’hui, il est à peine croyable qu’en ces lieux des centaines de personnes aient pu subsister… sauf si la forêt primaire était encore existante. Il aura fallu des siècles de déboisement forcené et la présence continuelle de caprins pour transformer radicalement une région verte en désert . Malheureusement ce fut la règle dans de nombreuses régions de Grèce.
A tel point que ce pays fut un des plus pauvres de l’Europe durant le XXème siècle. Rien n’est définitivement acquis. A méditer pour notre avenir ..
En attendant, Syros nous a enchantés, merci !

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