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Les voyages du Mayero

Caremba! Encore raté!

Voyage 2019
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Cette adresse restera entre nous, nous n'en ferons bien entendu aucun usage commercial.

Aussi cet automne nous nous étions promis d’y arriver coûte que coûte. Tant pis pour le centième anniversaire de la boutique de notre ami Spyros, tant pis pour nos copains gallois et français qui auraient bien voulu nous voir, nous larguons notre mouillage à Poros pour l’Argolide et le sud du Péloponnèse.

Un coup de vent est annoncé dans les jours qui viennent : tant pis nous descendrons au plus vite et irons nous réfugier dans un port pas trop loin de l’île. Nous choisissons Iéraka (ou Gérakas) abrité dans un fjord assez peu visible depuis la mer que nous avons déjà fréquenté à plusieurs reprises. Flûte, le quai assez petit est déjà occupé par une grosse vedette. Qu’à cela ne tienne nous irons au mouillage dans la baie… Gros orage dans la soirée et le vent commence à monter. L’ancre tient bon. Nous en avons pour 48 heures avec 7 /8 à l’extérieur. Nous prenons nos quartiers en prévision de ces deux jours sans descendre à terre. Après nos trois jours à Poros dans des conditions similaires, à la fin de ce nouvel épisode nous pourrons nous « venter » (c’est le cas de le dire…) d’être bien amarinés et donc prêts pour affronter, si besoin est, une mer difficile vers Cythère.

Oui mais une grande houle commence à rentrer dans la baie, avec un ressac important de chaque côté sur les falaises . Et là les petits amis nous sommes bousculés dans tous les sens comme jamais. La nuit est tombée et il n’est plus possible d’envisager quoi que ce soit… Nous ne dormirons pas , sauf Chantal au petit matin, qui arrive à oublier les soubresauts incroyables du bateau. J’arrive à lire dans une bannette où j’ai monté une toile anti roulis. Dans le début d’après midi , lors d’une relative accalmie du vent, nous arrivons à mouiller dans un endroit moins remuant mais il faut être vigilant car l’espace d’évitage diminue, les fonds remontent vite et ne sont pas de très bonne tenue … Nous vérifions au mieux en tenant compte de tous ces paramètres et nos conditions de vie à bord s’améliorent sans être pour autant formidables. Le lendemain matin, alors que le vent est encore fort, je réussirai à rejoindre la terre pour trouver un peu de glace dans un des restaurants, sous la haute surveillance de mon équipage, car la traversée est mouvementée .

L’après-midi, tout se calme, après 48 heures et la météo pour le jour suivant est suffisamment bonne pour envisager la traversée vers Cythère , même s’il faut prévoir une houle résiduelle avec un 4/5 d’ouest en fin d’étape.

Nous partons tôt, la houle est encore présente mais faiblit assez vite . Nous avons mis les voiles mais , comme prévu Eole est parti se reposer et nous marchons à la risée moteur. Pendant deux heures tout est clair. Nous dépassons Monemvassia dont nous distinguons la presqu’île au loin. Je descends alors vérifier la navigation et noter quelques éléments dans le livre de bord quand mon attention est attirée par une espèce de sifflement inhabituel.

Après quelques rapides investigations, je me rends compte que le bruit vient du moteur . J’ouvre le capot et là, une grande fumée blanche envahit tout le Mayero. Chantal arrête le moteur. Tout est bouillant et il n’est pas facile de distinguer quoi que ce soit dans ce brouillard épais. Toutefois je suis impatient de comprendre ce qui se passe et je me brûle en voulant trop précipiter mes recherches. Malgré tout j’arrive à repérer rapidement le problème : la durite qui fait la liaison entre l’échangeur qui refroidit l’eau et le haut du moteur est percée.

Vite je cherche dans mes réserves la boite « MOTEUR » et incroyable ! j’ai une durite un peu moins coudée mais de même dimension. Elle était destinée à mon ancien moteur Mercedes. COMME QUOI IL NE FAUT RIEN JETER DANS UN VOILIER !

Bon, ce n’est pas le tout, maintenant il faut la mettre en place et là c’est une autre paire de manches : d’abord enlever l’ancienne ; deusio tout nettoyer et tertio reposer la nouvelle. Ce fut dur : je me suis encore brûlé pas mal de fois, mais sans conséquences heureusement et surtout j’avais tellement peu d’espace entre les deux sorties métalliques qu’il m’a fallu trouver plein de systèmes D pour arriver à enfiler la nouvelle durite : réduction de la longueur de la durite ; ruban pour rapprocher les sorties ; savon pour faciliter l’introduction sur les tubes (merci du conseil Chantal) ; outil non contondant pour ouvrir les ouvertures sans les abîmer… et surtout un maillet caoutchouc pour mettre en place le tout. J’ai juré, pesté, essayé, re-essayé, failli abandonné, encore tâtonné, re-juré… Presque deux heures sans arrêter et enfin la délivrance quand j’ai réussi à remettre en place les colliers pour fixer le tout.

Une fois tout fini je m’aperçois que mes mains tremblent de fatigue et que je suis inondé de sueur. Chantal me demande de vérifier le niveau d’eau. Je regarde bêtement celui du vase d’expansion . Il est plein, tout va bien donc, pensais-je. Erreur sans doute due à mon état de fatigue du moment !. Nous redémarrons et tout a l’air de bien se passer : nous décidons de reprendre la route vers Cythère. Mais au bout de quelques minutes tout se remet à fumer et je me rends compte de ma bévue je contrôle alors l’orifice de l’échangeur. C’est vide. Je remets de l’eau : à nouveau une fumée blanche envahit le bateau. Et c’est hyper chaud.

Petit à petit le bouillonnement s’estompe et j’arrive à remplir l’échangeur. Chantal veille, heureusement car le Mayero dérive sans vent vers la côte. Nous laissons refroidir avant de remettre en route et en profitons pour appeler notre ami Jacques pour discuter du problème et de ses conséquences. Notre crainte maintenant c’est que le joint de culasse soit endommagé. Nous décidons suite à cet échange de remonter tranquillement vers un port où nous pourrons faire appel à un mécanicien connu et compétent.

Avant de prendre une jolie brise dans l’après-midi où nous pourrons marcher à la voile, nous tournons à 1300 tours et vérifions régulièrement tous les niveaux. Nous ne détectons aucun signe de défaillance. Arrivés près de Belle Lurette, au terme de cette journée éprouvante où nous avons tout de même fait 50 milles, Jacques vient nous conseiller et nous aider à faire le check-up. Nous attendrons le lendemain matin pour constater qu’une fois refroidie, l’eau de l’échangeur n’a pas d’huile, qu’elle n’est pas salée et que l’huile du moteur est nickel.

What’s a pity d’avoir abandonné le projet Cythère mais il était plus raisonnable d’envisager une croisière plus tranquille pas trop éloignée de professionnels…

Tirons quelques leçons de cette histoire. Le moteur a toujours bien fonctionné depuis dix ans que nous l’avons. Nous l’avons fait entretenir régulièrement par des professionnels même si parfois nous l’avons réalisé nous-mêmes car nous n’avions pas toujours confiance dans l’intervenant potentiel. Lors de la révision des 5 ans j’avais demandé à changer les durites : visiblement celle qui est devenue défectueuse n’a pas été changée (la peinture d’origine était encore dessus) et il aurait fallu déposer l’échangeur. Henri, avec juste raison, nous conseille d’être toujours présent lors d’une intervention extérieure.

Seuls ennuis depuis 10 ans : une prise d’air sur un filtre mal posé par un mécano et une autre sur le circuit extérieur lié à un collier défectueux ; l’autre panne était liée à une entrée d’eau dans le circuit électrique entre le panneau de commande et le moteur qui avait tout mis en cours circuit (mauvaise pose du panneau…) . Or c’est bien là le problème : l’électricien qui a raccordé le faisceau par tâtonnements successifs n’a pu l’effectuer pour le circuit d’alarme parce qu’il n’était pas possible de le repérer sans qu’il soit en marche… Sinon nous aurions été avertis assez tôt qu’il y avait surchauffe. Enfin je vais revoir ma boîte « pièces Moteur » et la compléter en fonction du guide d’entretien, que j’ai décidé de relire très consciencieusement…

Sinon nous sommes remontés tranquillement à notre mouillage pour panser nos plaies. Et ce n’est pas difficile, Belle Lurette nous y a rejoints.

HEUREUSEMENT IL Y A TOUJOURS DE BELLES SURPRISES EN MER (remontée  vers le nord)

IERAKAS/ UNE ENTREE MAGIQUE




Dansons la carmagnole!!!

9 commentaires

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Rédigé par Manoo le 13 décembre 2019

Ouf, que d’aventures. Le moteur est tellement essentiel lorsqu’il n’y a pas de vent, à proximité de la côte et avec trop de profondeur pour jeter l’ancre ;-)
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Rédigé par Cyrille le 13 décembre 2019

Que d'aventure... Tout les caoutchouc finissent par sécher, c'est pour cela qu'il est essentiel de les changer, oui, ont devraient toujours vérifier que le travail est bien était réaliser. Votre ballade à Cythére seras peut être pour l'automne prochain. Bonne continuation quand même. Gros bisous.
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Rédigé par OURANOS le 13 décembre 2019

Errare humanum est, perseverare diabolicum ! La sagesse était bien de ne pas persister. Il y aura encore de beaux jours en 2020. Pour l'immédiat des amis vous espèrent à Poros où un ouzo de consolation vous attend bien au frais.
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Rédigé par Nico le 13 décembre 2019

Cythère se fait désirer… et voir toute cette fumée dans le bateau, en plein milieu de la mer, ne doit franchement pas être un moment de pleine sérénité… Bravo pour la réparation… plus qu'à profiter des belles nav autour de Poros maintenant !
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Rédigé par HELLO Yann le 13 décembre 2019

Votre moteur actuel est de quelle marque ? C'est la même puissance que celui d'origine (40CV) ? Le Mercedes dont vous parlez est celui d'origine du bateau (un OM6) ? Cette question car j'ai aussi un Voyager 35 et je me renseigne sur l'historique de mon bateau :) Merci et bon vent, sympa vos balades :)
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Rédigé par andre le 13 décembre 2019

Bonjour le Mayero.............. L'aventure c'est l'aventure pourrait-on dire.............et que dire encore des sueurs froides lorsque le moteur déclare forfait au vent d'une cote pas franchement hospitalière..........nous avons eu nous aussi dernièrement en fin de croisière arrière saison un soucis de la même nature.................aspiration gazole bouchée au niveau de la prise réservoir alors que celui-ci a été totalement nettoyé en novembre dernier.......donc forcément je comprends votre moment "difficile" mais à l'issue rassurante......bravo à vous deux pour votre belle compétence......alors bien entendu cette mésaventure bien gérée nous apporte à nous aussi la leçon d'une bonne expérience. Fort heureusement ce voilier reste somme toute sécurisant ....... Notre voyager 35 nous aura aussi réservé quelques frayeurs mais bon...............c'est aussi le lot de ceux qui partent en mer....... Bonne continuation à vous et merci pour ces récits..."palpitants" bien à vous deux....André
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Rédigé par celine le 13 décembre 2019

wow que d'aventures....ca faisait comme si j'y étais....je serrais des fesses, faisais des grimaces....tout le long de votre histoire....phiooo heureusement qu'il y a aussi les bons moments hin...parce que sinon....phioooo
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Rédigé par lechartier le 13 décembre 2019

Coucou les amis. J'avais eu connaissance de votre mésaventure mais pas le recit complet de la gestion. Bravo et profitez bien quand même du reste du sejour
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Rédigé par jojob le 13 décembre 2019

Tu l'as bien mérité ton verre de jus de grenade ….J'hallucine ..encore... Ah bon, il faut rétablir la vérité.: un ouzo de consolation vous attend bien frais. J'aime mieux ça !!! La navigation, c'est pas tjs facile : Voiles, moteur thermique, rames, pagaies, tout ça n'est pas gai, toujours, mais bien utile pour avancer sur l'élément principal de notre planète bleue.
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