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Les voyages du Mayero

Rencontres à Kalimnos

Voyage 2012

Mots-clés : Dodécanése, Kalimnos

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Nous sommes vraiment bien à Kalimnos Le Boa Vista est en vue Nous prenons les amarres de Boa Vista kalimnos_012-800.jpg kalimnos_006-800.jpg taxi kalimnos_015-800.jpg baie de Botsala une taverna au bout du monde
La vente d’éponges, ça eut payé !! Antonio, 82 ans. Il ne les paraît pas. Il est parti à Lille dans sa jeunesse et il y a passé 12 ans.
Il y exerçait le métier de vendeur en gros des éponges. Il parle bien le français et il en garde un excellent souvenir. Il y a rencontré une petite amie dont il était très amoureux. Mais il est parti en Australie sans même l’avertir. Les affaires sont les affaires. Il s’est installé à Durban. La communauté kalimniote dépasse les 10000 habitants , presqu’autant que dans l’île. Tous parlent grec. Il y a des popes et des écoles grecques… Il a rencontré un femme d’origine grecque et s’est marié. Il regrette sa petite amie française. « Dans la vie , on fait des erreurs, et après on les regrette quand c’est trop tard… »Sa femme n’est jamais venue à Kalimnos ni même en Grèce. Lui, il y revient chaque année, depuis toujours. « Quand on nait à Kalimnos, on est kalimniote pour la vie… »Sa femme avant , était jalouse mais maintenant avec l’age , ça va, dit il. Mais ces derniers temps, il a bien remarqué qu’une fille de Kalimnos lui faisait les yeux doux car il se déplace en ce moment avec une voiture de jeune « Quand elle saura mon age, elle m’oubliera vite… »Il y a 20 ans, à la suite d’un cancer, on lui a enlevé les 2/3 de l’estomac. Depuis il n’a plus eu envie de travailler et il a décidé de passer 6 mois en Australie et 6 mois en Grèce : « l’été en continu, dit-il avec un sourire… »Est ce le secret de son éternelle jeunesse. ?? Antonio, n’en sait rien mais il remarque qu’il se sent en bonne santé. Il se rend bien compte que la fin peut être proche .Le temps passe trop vite. Je me vois à 30 ans et c’était hier » Alors il lit la bible : Jésus Christ est le seul qui n’a jamais menti et il a dit que pour certains il y aura quelque chose après. « Mais moi j’ai fait trop de fautes ; j’ai souvent trompé ma femme, et il faudrait que je me repente. Malheureusement je ne regrette rien . Les seuls moments qui me restent à vivre, c’est seulement sur terre. Dommage ! ». Antonio a une très grande maison ici , avec 4 chambres qui ont chacune une grande salle de bains. Il a aussi 3 belles voitures. Enfin j’avais 3 voitures jusqu’à hier : j’en ai vendu une à un habitant de Kalimnos avec lequel je prenais mon bain tous les jours depuis 3 semaines. A chaque fois il me demandait de lui en céder une. A la fin, j’ai dit oui : il a pris une Mercedes de 2 ans qui a seulement 2000 km . Je l’avais achetée 40000 euros, il l’a eue pour 15000… » Le capitaine du Mayero lui a demandé s ’il voulait prendre son bain avec lui le lendemain matin. Antonio, avec un air malicieux, lui a répondu qu’il ne le prenait que le midi et qu’il repartait en Australie à la fin de la semaine . Tant pis ! Avec la crise grecque il a beaucoup perdu. Il a placé 30millions de dollars sans les déclarer pour ne pas payer les 10% de taxes. Du coup il n’a rien récupéré. Mais il confie qu’il lui en reste encore par ailleurs. Antonio est très curieux à propos de notre périple et pose plein de questions sur les îles voisines. Nous sommes un peu surpris et nous lui en faisons part. En fait il n’en connait aucune « Je n’ai jamais quitté Kalimnos dit-il, sans rire. » Il n’a même pas été sur l’ilot de Télendos qui se situe en face de sa maison à ¼ d’heure de bateau. « Et pourtant , une amie de longue date que je vois toujours, m’interpelle régulièrement pour que je l’y emmène, conformément à une promesse que je lui avais faite, Mais je n’irai pas, j’en ai pas envie. Il retourne donc en Australie dimanche en classe affaire car il aime dormir en avion. Cette année il a du faire 2 allers retours car sa femme a eu un problème de santé. « J’en ai eu pour plus de 10000 euros, nous confie t-il. Mais à mon âge il me faut mes aises. Nous avons suivi se conseils judicieux quant au choix des poissons et autres mets et il nous a fait profiter de sa relation privilégiée avec les aubergistes. Sans mentir, c’est la première fois depuis que nous sommes en Grèce que nous mangeons des produits de la mer aussi bons et à un coût aussi raisonnable. Antonio a beau être riche il connait le prix des bonnes choses. ” NB L’île de Kalimnos a été un centre important de la pêche aux éponges. La maladie dont elles furent victimes a obligé de nombreux habitants à émigrer vers des zones de pêche plus rentables …”

Le bus ne partira pas ce soir !!! Potia, ville principale de Kalimnos, 17heures. Nous sommes venus passer la journée à la ville. Notre voilier est à 20 kilomètres dans le petit port de Vathi. Nous attendons le bus, qui étonnamment a du retard… Au bout d’un moment, il y en a bien un qui arrive, mais dans l’autre sens… Nous reconnaissons le chauffeur qui nous a amenés ce matin à 8 heures. Lui aussi visiblement. Il s’arrête à notre niveau et sort pour nous dire qu’il n’y aura pas de bus ce soir, « it’s broken ».Il faudra prendre celui du lendemain. Devant notre désappointement, il appelle son collègue resté dans le bus. Et après discussion entre eux, il nous propose d’attendre la fin de son service, une demi heure plus tard. Ils vont s’occuper de nous. « No charge » spécifie t’il. Nous patientons donc . Ils arrivent comme convenu, non en voiture comme nous le pensions mais chacun sur une moto. Mais voilà la donne a changé : deux anglaises chargées de paquets nous ont rejoints et se trouvent dans la même situation .. Qu’à cela ne tienne, nos deux interlocuteurs, après concertation, nous font rembourser nos billets au vendeur de tabac du coin, et arrêtent une petite voiture dont ils connaissent le propriétaire. Il se rend bien au village. Il y a déjà sa femme et ses trois enfants, dont l’un en couffin. Mais il accepte de nous prendre en charge : le capitaine devant avec sa femme sur les genoux,coincée entre le tableau de bord et le plafond. Les deux anglaises , pas très menues, montent à l’arrière avec la femme et les trois enfants… Nous remercions nos sympathiques chauffeurs du mieux que nous pouvons car nous ne pouvons pas beaucoup bouger…Et vogue la galère. Nous ne sommes pas tellement fiers. La route sinueuse et très accidentée surplombe de grands ravins et les virages en épingles à cheveux sont légion. En plus nous connaissons les habitudes des grecs en matière de conduite. Bon celui ci a l’air plutôt tranquille. Son fils de 5 ans, debout entre les deux sièges avant, n’arrête pas de le solliciter : il veut les lunettes de soleil, non pas celles la , les autres ; passe le téléphone, mets moi un jeu ; tu as vu c’est bien , comment changer le bonhomme, etc…etc… Tout cela alors qu’il passe un temps infini à trouver une bonne station radio difficile à capter , et en sirotant son café. Nous n’osons pas en rajouter en lui tenant la conversation, au risque de paraître goujats. Mais l’homme a tellement à faire… Derrière, les anglaises et la mère discutent haut et ferme, surement pour couvrir le bruit de la radio qui grésille à tout va . Le temps ne passe pas vite… Et nous sommes heureux d’arriver à bon port, c’est le cas de le dire ; surtout après avoir dévalé la dernière descente à plus de 80 avec, au bout, quelques virages bien sonnés. Nous avons droit à des bises appuyées des deux anglaises, sans doute conscientes d’avoir partagé avec nous des moments rares… Mais les sourires de la famille resteront longtemps dans nos mémoires, témoins de la gentillesse et de la solidarité des gens de l’île.

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